Speluncatu et “il camino di Santa Giulia”, la première étape insulaire de l’itinéraire culturel.

Speluncatu et “il camino di Santa Giulia”, la première étape insulaire de l’itinéraire culturel.

Aujourd’hui, nous sommes le 22 mai, et dans toute l’île, nous fêtons la Santa Giulia. Mais en raison du Covid-19, la fête est chamboulée, comme à Speluncatu.

La Confraternita Sant’ Antone Abbate Sotto l’Invocazione Della Santa Croce, détentrice d’une relique de la Sainte et initiatrice du projet en Corse, aurait du fêter dans son village pour la première fois la Sainte patronne de la Corse. De plus, cette fête aurait dû se dérouler dans un lieux insolite du village, le Ciuttule, bassin totalement restauré par Gérard Capinielli, et inauguré par la même occasion une statue de la Sainte, offerte par un habit du village, placé en ce lieux.

Revenons un peu sur l’histoire de la création de cette itinéraire, dont la première étape corse a été inauguré il y un an.

Les itinéraires culturels aident à la mise en valeurs du patrimoine ainsi que l’artisanat et l’agriculture.
Un projet de société qui plus que jamais se montre nécessaire.

L’association toscane « il camino di Santa Giulia » répertorie et consacre l’ensemble des lieux qui disposent d’un lien avec Santa Giulia (iconographie, reliques, toponymie etc.) et les intègre dans un parcours qui s’apparente à un pèlerinage. Ce chemin de Santa Giulia parcourt ainsi un territoire qui va de Livourne jusqu’à Brescia soit plus de 400 km.

Cependant, l’absence d’une étape indispensable faisait ressentir son manque. La Corse était une grande absente alors que la martyre est l‘une de ses saintes patronnes depuis 1820.
L’hagiographie (l’étude des récits de la vie des saints) nous apprend que cette jeune vierge fut martyrisée et crucifiée à Nonza. Son corps reposait dans un sanctuaire jusqu’au VIIIe siècle, période à laquelle des moines du monastère de l’île de la Gorgone l’auraient transféré sur leur île avant de le voir transporté jusqu’à Brescia où un roi lombard lui consacra un lieu saint.

Il y 2 ans, l’association toscane recevait à Livourne la Confraternita Sant’ Antone Abbate Sotto l’Invocazione Della Santa Croce, détentrice d’une relique de la sainte, et le père Christophe Boccheciampe afin de signer un acte de jumelage avec l’Arciconfraternità di Santa Giulia di Livorno, journée accompagnée d’une conférence de jean pierre poli sur les corses en toscane et de Barbara Gizzi sur l’intérêt des itinéraires culturels et enfin une présentation des polyphonies de Speluncatu et de la musique traditionnelle Corse avec notamment Damien Delgrossi à la cetera.

Le 14 septembre 2019, ce fût au tour du maire de Speluncatu, Monsieur Jean-François Poli, d’accueillir la délégation de Toscane afin d’inaugurer la première plaque de l’étape corse du chemin de Santa Giulia en présence du président de l’Office du Développement Agricole et Rural de la Corse, mais aussi président de la communauté de communes Île Rousse-Balagne, Monsieur Lionel Mortini, ainsi que sa vice-président Madame Antoinette Salducci, et de Monsieur Attilius Ceccaldi, président de l’Office du tourisme intercommunal d’Île Rousse-Balagne.

La journée fût ainsi organisée autour de l’histoire et du patrimoine de la région avec une visite guidée matinale par la guide-conférencière Manuella Leupin qui permit aux présents de découvrir les trésors du site de Losari puis, dans l’après-midi, la salle de réunion d’Imaginà – Coworking Balagna a accueilli l’association toscane qui a ainsi présenté à l’assistance les enjeux du pèlerinage proposé en termes de valorisation du patrimoine bâti, culturel et naturel.
Cet exposé fut suivi d’un cycle de conférences durant lequel Paul Turchi-Duriani, doctorant en Histoire auprès de l’Université de Corse, a su captiver l’assistance par une explication des relations entre l’île de la Gorgona, la Corse et la Toscane au Moyen Âge tandis que Christian Andreani, acteur culturel reconnu et président du Centru-Culturale San Martinu, a établi un parallèle entre le chemin de Saint Martin (itinéraire culturel et spirituel qui embrasse pratiquement toute l’Europe) disposant aussi de son étape à Speluncatu et le chemin de Santa Giulia.
À la suite de ce volet historique et culturel, le maire de Speluncatu Jean-François Poli et Lorenzo Giusti, représentant de la commune de Buti (province de Pise) ont dévoilé la première plaque de l’itinéraire de Santa Giulia en Corse.
Pour clore cette journée riche en partage, la délégation fut reçue en début de soirée par les frères de la communauté de Saint Jean du Couvent de Corbara et le pere Frère Louis Marie qui donnèrent une messe chantée par les confrères de Speluncatu et de Livourne, en communauté de prière.

Le lendemain, le dimanche, ce fut au tour de la communauté de Nonza d’accueillir les toscans toujours accompagnés par Raphaël Quilici de Speluncatu, confrère et initiateur de la démarche locale ainsi que Stéphane Orsini de la FAGEC et Christian Andreani, sur les lieux mêmes du martyre de la Sainte.
La journée se termina ensuite avec la réception du groupe par Monsieur Jean-Baptiste Arena, maire de la commune de Patrimoniu, viticulteur et membre de la Cunfraternita San Martinu Patrimoniu, en présence des confrères de cette dernière qui est aussi détentrice d’une toile provenant de Nonza représentant Santa Giulia.
Lors d’un prochain retour en Corse, la délégation de Toscane viendra donc apposer une plaque marquant l’étape du chemin à Nonza et à Patrimoniu.
Monsieur Carlo Picchietti, cheville ouvrière de l’association « Il cammino di Santa Giulia » et membre de l’Arciconfraternità di Santa Giulia di Livorno et Raphaël Quilici initiateur du lien et du projet en Corse sont déjà à pied d’œuvre pour définir et établir le chemin qui reliera Speluncatu à Patrimoniu et Nonza et ce jusqu’à Bastia afin de pouvoir relier l’île à Livourne et enfin jusqu’à Brescia.

Ce projet d’itinéraire culturel, spirituel, patrimonial vise à proposer une alternative harmonieuse et respectueuse face à tourisme de masse déshumanisé et néfaste, permettant ainsi un étalement de la fréquentation hors-saison, dans l’optique de redécouvrir, d’entretenir et de valoriser le patrimoine historique de l’ile. Cette initiative est l’un des piliers de la définition d’un nouveau projet de société n’a d’ailleurs pas manqué d’intéresser les instances publiques dont certaines se sont déjà proposé de soutenir la démarche.

PIU CHE MAI les initiatives de ce genre sont l’avenir de la Corse, produisont local, consommons local et visitons local !

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