COUTUMES ET CROYANCES CORSES Les transports I trasporti

Source : https://www.corsicamea.fr/coutumes/transports.htm

A l’époque de Pascal Paoli, les villes et villages de Corse n’étaient reliés entre eux que par des sentiers que l’on parcourait à dos d’âne ou de mulet.

Les travaux d’aménagement du principal chemin conduisant d’Ajaccio à Bastia commencés par Maillebois seront véritablement entrepris au cours de l’année 1800 par Miot de Melito.

A partir des années 1830 et jusqu’en 1914, la révolution technique des transports va profondément modifier le paysage économique de la Corse.

La traversée du village de Bocognanu est achevée en 1853. A la fin du Second Empire la route impériale d’Ajaccio à Bastia est praticable sur toute sa longueur et le trafic se développe rapidement tandis qu’un service postal est mis en place dès 1868 entre les agglomérations d’Ajaccio, Bastia, Calvi, Sartène, Vico.

Un service de voitures dit « à grande vitesse« ) fonctionne entre Ajaccio et Bastia avec départ à 4 heures du matin. Le trajet s’effectue en 13 heures. Sur le même trajet, le voyage en diligence, moins onéreux,  dure quand à lui, 20 heures.

Mais à partir de 1894 la mise en service du réseau ferré apporte une véritable révolution dans les transports. 

C’est à Bocognanu qu’à lieu le plus gros chantier que la Corse ait jamais connu:

Tous les habitants de la région y participent. Plusieurs centaines d’ouvriers, pour la plupart d’origine Italienne travaillent également à la construction de la voie ferrée et aux percements des tunnels dont le plus long (plus de 4 kilomètre) représente à lui seul une véritable exploit

Le 1er décembre 1888, le tronçon Ajaccio-Bocognanu est terminé et en juillet 1889 le train arrive à Vizzavona tandis que la portion du trajet Bastia-Corti est ouverte au cours de la même année.

En 1894, le chemin de fer relie désormais Ajaccio à Bastia.

La ligne Ponte-Leccia-Calvi sera achevée en 1890.

La section Porto-Vecchio-Corte sera ouverte en décembre 1894

Sur la côte orientale, l’axe Bastia-Ghisonaccia  sera achevé en 1888.

La ligne Bastia-Porto-vecchio sera terminée en 1935. 

La construction de la voie ferrée reliant Porto-Vecchio à Bonifacio, arrêtée par la guerre, sera définitivement abandonnée.

On peut désormais, d’Ajaccio rejoindre Bastia par le train en moins de huit heures, Calvi en 09 heures

, Ghisonaccia en 10 heures.

Après dix ans de travaux qui ont représenté un véritable défi pour les ingénieurs de l’époque, les 230 km du parcours qui compte 38 tunnels , 14 ponts et 34 viaducs sont enfin achevés. Gustave Eiffel participa à cette grande aventure en construisant le Ponte-Vecchio (entre Vivario et Vénaco).

Le circuit routier va également se développer rapidement. Le temps des carrioles est révolu, et l’on abandonne la diligence et l’âne postal pour la voiture à piston qui empruntera pour la première fois la route carrossable reliant Ajaccio à Bastia, achevée en 1827.

Dans le même temps, les automobiles Peugeot ouvrent leur première agence à Bastia.

Mais la Corse, c’est aussi une île qu’il faut relier au continent. Le 18 juin 1830, le premier bateau à vapeur Liamone accoste à Ajaccio, tandis que deux jours plus tard c’est au tour du Golo de faire escale à Bastia.

Plus tard, au cours de l’année 1900, la compagnie Fraissinet développera les transports maritimes en mettant en service cinq liaisons hebdomadaires entre la Corse et le Continent et quatre avec l’Italie. Un an plus tard a lieu la première liaison quotidienne Nice – Ile-Rousse.

Le départ et l’arrivée des navires sont le passe temps favori des badauds Ajacciens qui se pressent sur le port pour assister au déchargement des voitures transportées par le ville d’Ajaccio, le Bonaparte, le Corte II, le Sampiero Corso, le Pascal Paoli, le commandant Quéré.

En 1921, l’aviation lance ses premiers vols commerciaux. Les premiers hydravions assurant la liaison avec Marignane, Antibes et Tunis où de nombreux Corses se sont expatriés, amérissent dans la rade Ajaccienne.

Garés la nuit au bassin de l’Amirauté (port Charles Ornano aujourd’hui), ils viennent au petit matin s’arrimer au quai napoléon, à proximité de l’hôtel de ville pour embarquer les intrépides et fortunés voyageurs.

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